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 [*] Somnambulisme

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Arayashiki
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Date d'inscription : 24/02/2006

MessageSujet: [*] Somnambulisme   Dim 17 Déc - 19:06

Somnambulisme



I. Diagnostic :
1) Aspects cliniques :
Il se traduit par un comportement moteur survenant lors d'un éveil incomplet en sommeil lent profond. Généralement limité à des déambulations dans le lieu d'habitation, il peut toutefois conduire à des actes plus dangereux pour le sujet (sortie, défenestration) ou pour d'autres individus (conduite d'un véhicule, comportements violents, voire homicide).

Ils semblent être éveillés, et ont les yeux ouverts. Ils sont capables de répondre à des ordres ou à des questions simples. Ils semblent toutefois ennuyés par les questions et ils s’irritent si l’interrogatoire est trop long.
Près du tiers des somnambules réagissent de façon agressive. La personne n’a aucun souvenir de ce qu’elle a fait, pas même de s’être levée pendant la nuit.
La durée des épisodes est variable, de quelques secondes à plus de 30 minutes.

Activité mentale au cours du somnambulisme :
Chez l'enfant, on ne retrouve presque jamais de rappel d'activité onirique. Chez l'adulte, il est plus fréquent. On retrouve des thèmes de catastrophe imminente, tremblement de terre, peur d'être brûlé vif, étouffé, besoin de s'échapper, incitation à bouger. Le contenu est pauvre, bien moins vivide que dans le rêve classique.


2) Formes cliniques :
a- Somnambulisme simple :
on distingue deux cas comportementaux.
Pour le premier, l’enfant ou l’adulte s’assoit sur son lit tout en exécutant des gestes plus ou moins adroits. De temps en temps, il peut se mettre à parler.
Dans le deuxième cas, le somnambule se lève et déambule dans l’habitation pour ensuite retourner spontanément dans son lit. Ses yeux sont grands ouverts et son regard est inexpressif.

b- Le somnambulisme à risque :
C'est une forme aggravée du somnambulisme qui peut être considérée, contrairement au somnambulisme simple à un véritable trouble du sommeil.
Les épisodes peuvent être plus longs, le comportement est généralement agressif, et les conduites, à risque :
- Chutes avec blessures
- Sortie du domicile
- Conduite automobile
- Violence physique sur le partenaire de chambre pouvant aller dans d'exceptionnels cas jusqu'à l'homicide (syndrome d'Elpenor).

c- Somnambulisme-terreur :
Il s'agit d'une forme clinique frontière entre le somnambulisme classique et la terreur nocturne.
En effet on retrouve dans cet état une activation du système neuro-végétatif tel qu'il est décrit dans la terreur nocturne (Rougeurs, tachycardie, hypertension, respiration rapide, hypersudation...),la même expression de terreur et les cris, pleurs etc...Contrairement à la terreur nocturne où le sujet reste dans son lit, dans cette forme clinique, ils sont particulièrement agités et peuvent courir, se débattre etc...
Il n'est absolument pas conseillé de réveiller brutalement le sujet car les risques de réaction de fuite et de défenestration sont grandement augmentés par rapport aux formes classiques.
Comme dans les autres formes, l'amnésie de la crise est très souvent la règle, le contenu onirique ne peut être exprimé, mais la présence de souvenirs et la répétition fréquente des épisodes peuvent être un facteur de difficultés psychologiques.

d- Le somnambulisme de l'enfant :
Le somnambulisme s'observe le plus souvent chez les enfants, surtout les garçons entre 7 et 12 ans. Ces accès de somnambulisme disparaissent en général à la puberté.
Aux phases ambulatoires les plus courantes s'ajoutent parfois des phases où l'enfant urine dans un lieu innaproprié, utilise des mots obscènes absents de son répertoire courant. La prévention de chutes dangereuses reste toutefois l'aspect le plus important du somnambulisme infantile.

e- Le somnambulisme de l'adulte :
Entre 10 et 20% des adultes seraient sujets au somnambulisme de façon occasionnelle, les formes où les crises sont fréquentes sont très rares, de l'ordre de 1 à 2% de la population générale.

II. Physiopathologie :
Le somnambulisme survient exclusivement durant les stades 3 et 4 de sommeil lent, ou sommeil profond. Par conséquent les épisodes ne surviennent que durant la première partie de nuit, en général dans les 3 premières heures de sommeil.
Sur le plan de l'enregistrement polysomnographique :
- La macrostructure du sommeil est normale (pas de perturbation dans l'organisation des stades de sommeil)
- On retrouve des anomalies de la microstructure du sommeil avec une augmentation des micro-éveils en sommeil lent profond (micro-éveils pouvant résulter de nombreuses causes).

Durant la crise, on observe une activité EEG particulière appelée hypersynchronie. Cela correspond à une activité de sommeil lent profond (grandes ondes delta) associées à du rythme alpha caractéristique de la veille calme.

III. Etiologies :

1) La prédisposition génétique :
Il a été démontré une prédominance familiale de formes familiales chez l'adulte, en effet on retrouve de 60 à 80% d'antécédents familiaux de somnambulisme chez les patients atteints. De plus une concordance entre jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) existe.
Une association génétique par le système HLA (groupe sanguin des globules blancs) a été mise en évidence, les gens ayant le groupeDQB1*05 sont à risque de somnambulisme.

Cette prédisposition ne suffit pas à elle seule a provoquer des crises de somnambulisme, d'autres facteurs entrent en jeu à des degrés variables.

2) Facteurs favorisants :


a- Le manque de sommeil :
Une privation du sommeil peut augmenter la fréquence et la complexité du somnambulisme . En effet , il y a plus de cas de somnambulisme lors d’une nuit de récupération que lors d’une nuit normale ( sur 15 patients 100% on eu une crise lors d’une nuit de récupération contre 60% lors d’une nuit normale ), cela est du à l'augmentation du sommeil lent profond après une privation de sommeil (on appelle ça le phénomène de "rebond")

b- Les stimulations internes et externes :
- Distension vésicale (allez pisser avant de vous coucher!)
- Bruit
- Fièvre
- Moustiques!
- Mobilisation
Tous ces facteurs vont favoriser la survenue d'éveil pendant le sommeil lent profond et déclencher une crise de somnambulisme.

Pour provoquer des crises de somnambulisme chez un enfant qui en a déjà fait, il suffit de le coucher plus tard que d'habitude, de lui donner à boire un grand verre d'eau avant de se coucher et de venir le réveiller 1h plus tard!

c- Les pathologies du sommeil associées :
- Trouble ventilatoire nocturne :
Des études récentes ont montré que le somnambulisme était lié dans de nombreux cas à des efforts respiratoires qui réveillent le sujet en sommeil lent profond. Chez l'enfant, les causes de ces troubles ventilatoires sont en premier lieu des grosses amygdales et végétations.
- Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des jambes.
Dans ce cas aussi, les mouvements de jambe vont être la cause d'éveils en sommeil lent profond.
- Enfin, l'hypersomnie idiopathique semble être associée à une plus grande fréquence de somnambulisme, sans que l'on saches vraiment pourquoi (augmentation du sommeil lent profond??)

d- Les autres facteurs :
- Facteurs émotionnels (stress, anxiété...)
- Activité physique trop tardive, trop intense
- Facteurs toxiques (drogues, alcool...)
- Menstruations
- Migraine

IV- Traitements :


Dans tous les cas, il faut chercher à supprimer les causes que l'on a évoquer plus haut.
L'environnement doit être adapté pour éviter les accidents.

Si les crises sont fréquentes et invalidantes, un enregistrement du sommeil est nécessaire pour éliminer une autre pathologie du sommeil associée, qui pourra être traitée. L'intervention sur les amygdales fait disparaître le somnambulisme le trouble ventilatoire nocturne était causé par de trop grosses amygdales.
Un traitement médicamenteux peut être proposé, mais peut exposer le sujet à des risques de dépendance, donc peu adapté au traitement au long cours, ce sont les benzodiazépines.


Enfin, pour finir, peut-on, doit-on réveiller un somnambule?

NON,
- Il existe un risque de réflexe de fuite avec dans certains cas défenestration, accidents etc...
- Il résulte de cet éveil un état confusionnel qui peut être très angoissant pour le sujet, alors que si vous ne l'aviez pas réveillé, il ne se souviendrait pas de ce qu'il s'est passé.

Sources : cours du Dr Patricia Franco, article wikipedia
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Pout
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MessageSujet: Re: [*] Somnambulisme   Dim 17 Déc - 21:08

Et comment convaincre sa fiancée d'arrêter de jouer avec nos épisodes de somnambulisme pour que l'on puisse dormir en paix?

Elle m'énerve!!!
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Eole 1
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MessageSujet: Re: [*] Somnambulisme   Jeu 6 Aoû - 19:34

Bonjour,

Je trouve les explications très intéressantes et je vais coller le récit de mes expériences somnambulistiques (posté également sur autre forum avec le même pseudo)


Je suis somnambule depuis tout petit. Agé aujourd'hui de 36 ans, j'ai vécu beaucoup d'aventures pendant mon sommeil. Si autrefois je gérais cela sans problème, je remarque qu'avec l'âge j'ai de plus en plus peur de ces crises et je supporte de plus en plus mal que ma compagne me raconte mes expéditions nocturnes même si je fais bonne figure car elle n'y peut strictement rien.

Petit, j'étais sujet à des terreurs nocturnes. Dans mes cauchemars, je me rappelle très bien que le fait d'hurler repoussait ce qui me faisais peur. A tel point qu'une nuit je me suis réveillé par mes propres cris. C'est ce qui m'a fait prendre conscience des raisons pour lesquelles on me disait que j'avais hurlé le matin.

Je me rappelle avoir toujours été somnambule. Les crises se manifestaient de différentes manières mais le plus souvent c'était de la promenade ou allumer la lumière. Jusqu'au jour ou je suis passé par la fenêtre du 1er étage, chez des amis de mes parents. Je me souviens parfaitement de l'état de torpeur, de la chute, tête en avant, de l'angoisse intense puis de la tentative pour se raccrocher à quelque chose. La fenêtre donnait sur une terrasse sur laquelle il y avait une structure métallique autour de laquelle les plantes grimpantes pouvaient s'enrouler. C'est cette structure qui a permis d'éviter la chute sur la tête car elle m'a reéquilibré et je suis tombé sur le côté. Pendant cette chute j'ai cherché à m'accrocher à quelque chose, ce fut un fil de grillage qui me laboura la main droite.

Etant pensionnaire, j'avais souvent droit à des petites remarques de camarades le matin, certains disaient même que c'était une manière de chahuter et mettaient en doute ma bonne foi.
Une nuit je me suis réveillé dans le lit d'un camarade absent. Le plus étrange c'est que quand je me suis réveillé je n'ai pas reconnu l'environnement mais je me suis dit "tu fais encore du somnambulisme, rendors toi". Avant de réfléchir un certains temps et de me dire que si je pensais que c'était du somnambulisme c'est que j'étais réveillé et que donc ça ne pouvait pas en être. J'ai ressenti une angoisse extrême quand je n'ai pas reconnu mon environnement habituel. Heureusement j'ai pu regagner mon lit sans que personne ne s'en aperçoive.

Ce qui me terrorise de plus en plus ce sont mes réactions face au danger. J'ai déjà frappé avec une violence extrême mon oreiller pour me défendre, l'assimilant à un agresseur. Je me souviens parfaitement m'être battu en hurlant comme si ma vie en dépendait, avec un sentiment d'angoisse intense provoquant le dépassement de soi. J'avais conscience de frapper pour tuer car il n'y aurait pas d'autre issue que ma vie ou la sienne.
Ma compagne de l'époque a été effrayée et je crois qu'elle n'a jamais compris ce que j'ai ressenti à cet instant.

Depuis ce jour, je suis persuadé qu'un somnambule peut aller jusqu'au meurtre si la crise est forte et que quelqu'un se met dans son passage.

Régulièrement je prends une douche (ce qui provoque le réveil....), j'allume la lumière, je m'habille, je me promène..... Parfois, il m'arrive d'ouvrir les fenêtres pour regarder en bas. Dans un rêve, il y a toujours quelque chose à regarder en bas. J'ai informé ma compagne des dangers de la fenêtre alors elle me réveille quand je m'en approche trop.

Pour celles et ceux qui ont des conjoints baladeurs voici comment j'ai demandé à mon amie de me réveiller en cas de forte crise :
- la crise de somnambulisme est un vrai traumatisme car le somnambule vit intensément ce qu'il prend pour la réalité.
- il faut donc lui faire prendre conscience en douceur que ce qu'il vit n'est pas la réalité. Il faut le rassurer avec des mots et une intonation douce qui vont provoquer un réveil paisible. A défaut, le somnambule pourrait croire qu'il est agressé et réagir (très) violemment. Immédiatement après le réveil l'angoisse peut être encore très forte et engendrer de la tristesse. Il est donc préférable de se rendormir rapidement et de voir ça le lendemain.
- le mieux, pour les simples promenades, est de laisser faire en attendant que le somnambule aille se recoucher. Il faut également éviter de le contredire car la perception des évènements est radicalement différente.

Ce qui me fait peur aujourd'hui c'est que je ne supporte pas d'être contredit pendant une crise car je suis persuadé avoir raison et que mes agissements sont nécessaires pour ma défense (ou celle du couple). Je l'ai bien expliqué à ma compagne et quand je lui dit par exemple que l'eau coule ou qu'il y a quelqu'un, elle ne me dit rien et me laisse vérifier ce qui m'apaise et me permet de me recoucher tranquillement.

J'espère que ces lignes pourront éclairer celles et ceux qui vivent avec des somnambules.

Bonne nuit.
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